Le Grand Prix de l’Affiche Française une belle histoire née en Mai 1968

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La Révolution est dans la Rue ! Regardez les affiches ! Elles parlent ! Elles crient ! Si vous n'êtes ni esclave, ni soumis, ne restez pas indifférent à leur appel.
André Parinaud, à la suite de Bachelard, Braudel, Bourdieu, aimait à rappeler que « le véritable progrès est dans la rue, offert à tous, le reste est privilège et illusion ».L'affiche, exposée au regard de tous sans exception, accapare les lieux publics. Elle peut dynamiser les murs de nos villes ou les souiller. Elle est un appel aux foules. Son rôle dans l'environnement peut, à bon droit, être économique et publicitaire mais elle contribue, aussi, de façon incontournable, au décor de nos rue, à leur animation et à la liberté du regard de tous.
Qu'elle soit un dessin, une photographie ou un simple texte, son mode de communication doit être adapté à des exigences culturelles. En ce sens, elle rejoint l'art : dépouillement, harmonie et originalité de la composition et des couleurs, force d'évidence, choix des caractères graphiques. Ce sont ces qualités qui ont fait, à juste titre, le prestige de l'école française graphique qui légitime sa présence dans les collections et les musées. La spécificité artistique de l'Affiche lui confère un impact qui retient l'attention et l'application de tous ces critères rejoint la préoccupation première de l'Annonceur.Au lendemain de mai 68, et la prolifération des  affichages sauvages,  André Parinaud et Jean Sorel, créent Le Grand Prix de l’Affiche Française. Un jury composé d’une vingtaine de personnalités – artistes, architectes, journalistes, sociologues, publicitaires,… – toutes proches de la « vox populi » et liées par la même utopie culturelle se réunit à l’Hôtel de la Monnaie de Paris neuf mois par an pour sélectionner « la meilleure affiche du mois » et encourager une création esthétique, civique, capable de capter l’attention du citoyen et proclamant la qualité des créateurs.
Cette action, pour une véritable écologie de l’affiche, veut inciter les publicitaires, graphistes et réalisateurs d’affiches à intégrer une part civique dans leur mission d’information et de séduction.Le Grand Prix de l’Affiche Française se différencie ainsi de tous les prix publicitaires. La grille de notation, établie avec le concours d’Abraham Moles, comporte quatre critères pertinents, autant en qualité publicitaire qu’en valeur culturelle :
  1. Appréciation spontanée
  2. Valeur d’impact (force d’interpellation, intérêt du message)
  3. Valeur créatrice (esthétique, novation)
  4. Adéquation au sujet
En 2004, l’Académie Nationale des Arts de la Rue a d’édité un ouvrage récapitulatif, par secteurs, des affiches primées depuis les débuts du Grand Prix :
« 1969-2004 – 35 ans d’affiches françaises »Cet ouvrage rassemble la sélection d’environ 350 affiches parmi les 3 500 qui avait été visionnées et analysées sur 35 ans, devenant une expérience exceptionnelle dans ce domaine.Le Jury a cessé ses activités quelques mois avant le décès d’André Parinaud.

Conférence d’André PARINAUD
21 février 2000 lors du Salon de l’Affiche
au Centre Culturel de Boulogne-Billancourt